Crime : Guy Caron défend l’approche de réhabilitation auprès des jeunes contrevenants

Extrait d’un discours de Guy Caron au Parlement le 22 septembre 2011

« La question des jeunes contrevenants me tient à cœur parce que pendant deux ans, dans une vie antérieure, j'ai travaillé dans un centre jeunesse qui s'occupait d'intervenir auprès de jeunes contrevenants. Il s'agissait du centre Ressources alternatives Rive-Sud. J'y ai travaillé pendant près de deux ans et j'ai eu à travailler avec des jeunes qui ont commis divers crimes allant du vol à l'étalage jusqu'aux voies de fait. Ma responsabilité particulière était de voir ces jeunes dans des groupes pour leur faire prendre conscience des conséquences des actions qu'ils avaient commises et du coût social de ces actions.

    Je vais vous dire pourquoi cette approche a fonctionné. J'ai donné des dizaines de sessions au cours de ces presque deux années avec des centaines de jeunes, et je n'ai vraiment vu que cinq cas de récidive où des jeunes nous sont revenus par la suite. Cela démontre clairement que l'approche, en ce qui a trait aux jeunes contrevenants, qui était adoptée et suivie par le Québec fonctionne. C'est une approche qui ne se base pas sur la répression et l'incarcération, mais sur la réhabilitation et la justice de réparation envers les victimes.

    Ce projet de loi, en incluant des éléments pour les jeunes contrevenants avec huit autres projets de lois, essaie encore une fois de prendre une masse pour écraser une mouche. Il y a des problèmes sérieux sur lesquels nous pourrions être d'accord qui sont abordés dans ce projet de loi, et on aurait pu les aborder de façon individuelle, mais le choix irresponsable du gouvernement, s'il en est un, était de les mettre ensemble et de faire en sorte qu'on ne pourra pas aborder les problèmes sérieux et réels, en y intégrant des questions qui ne sont pas nécessairement des problèmes et qui minent des approches qui ont été réussies dans le passé. »