GUY CARON COMMENTE LA LÉGALISATION DU CANNABIS

Depuis ce matin, il est légal d’acheter et de consommer du cannabis au Canada.

Plutôt qu’un encouragement à consommer, il s’agit d’une transition fondamentale d’une approche répressive, la guerre contre les drogues, vers une approche de santé publique et il faut donc considérer la légalisation comme une décision de santé publique.

C’est aussi une expérience sociale à une échelle sans précédent puisque le Canada deviendra le premier pays du G7 à légaliser le cannabis et nous devons procéder avec prudence pour en assurer le succès.

Il s’agit d’un changement majeur pour notre société et il va nous falloir du temps pour nous habituer, mais nous avons toutes les raisons de penser que c’était une décision inévitable pour trois raisons :

1. La guerre contre la drogue a montré son inefficacité.

2. En investissant notre argent dans la répression, nous mobilisons des ressources qui pourraient être investies en en éducation, en prévention et dans plusieurs autres initiatives de santé publique.

3. Quand les transactions s’effectuent sur le marché noir, ce sont des milliards de dollars qui vont au crime organisé et nous n’avons aucun contrôle sur la toxicité du produit, les informations données au consommateur ou qui peut en acheter.

Le problème, ce n’est pas la décision, mais comment elle a été mise en œuvre.

Les provinces et les municipalités auraient dû être impliquées dès le début et le gouvernement aurait dû leur fournir tous les outils nécessaires pour se préparer ainsi qu’aux services de police et autres autorités concernées.

On estime que 500 000 personnes vivent avec un casier judiciaire au Canada pour possession de cannabis. Ces casiers judiciaires ont un impact sur leur vie, mais aussi sur nos communautés en créant des barrières supplémentaires face à l’emploi, au logement, à la mobilité internationale et au travail bénévole.

On retrouve également une quantité disproportionnée de personnes racisées ou marginalisées parmi celles-ci. Pendant que les riches peuvent se payer un avocat pour éviter une condamnation, nous ajoutons des obstacles dans la vie de nos concitoyens les plus vulnérables.

Les libéraux ont eu trois ans pour travailler sur ce projet de loi. Pendant ces trois ans, d’autres personnes se sont fait arrêter et devront maintenant vivre avec un casier criminel le reste de leur vie pour quelque chose qui est maintenant parfaitement légal, tout ça au prix d’importantes ressources policières et judiciaires.

Il y a deux semaines, mon collègue Murray Rankin a présenté un projet de loi qui permettrait de radier certains de ces casiers. J’espère voir une évolution rapide dans ce dossier puisque chaque jour compte pour ces milliers de personnes.

Nous avons une occasion exceptionnelle d’améliorer la vie de milliers de Canadiens si la légalisation est gérée de manière efficace. Il faut être prudent, et je vous assure que moi et mes collègues veillerons au grain, mais aussi faire preuve d’ouverture d’esprit pour travailler ensemble à atteindre cet objectif.